Lauréats 2008
Jean-François Spricigo
Photographie
Formation :
- Image, INSAS, Bruxelles.
- Comédien, Cours Florent, Paris.
Vocation :
J'ai appris les bases de la photographie durant mes études secondaires artistiques. A la fin de mon cursus, j'ai commencé à creuser un chemin plus personnel, singulier. De mes erreurs, j'en faisais des repères. L'expérimentation sera ma nouvelle approche du réel. Ma première reconnaissance me sera donnée par Antoine d'Agata, puis Christian Caujolle, en passant par des artistes comme Marcel Moreau, Philippe Grimbert, Olivier Smolders et Sarah Moon. Le chemin fût chaotique, mais les hasards providentiels.
Cela fait maintenant plus de dix ans que le désir de mettre mes émotions en forme s’est imposé. La photo ou le cinéma pour outil de représentation du monde (ou plutôt d’un monde, le mien), l’un par la cristallisation d’un instant, l’autre comme témoin d’une durée.
Je trouve trop souvent le réel injuste, ou peu prompt à représenter l’intensité du moment tel que je l’ai vécu, je me l’explique seulement par la fiction. L’expérience nous échappe, seul le souvenir nous appartient. Mon travail démarre ici, dans ces images qui restent en nous une fois les paupières closes, une persistance rétinienne de notre être profond.
La mer. C’est le sujet. Le monde commence ou se termine en ce lieu selon moi, l’écume comme premier pas, premier souvenir. Grisé par l’embrun, face à la nuit, la mélancolie porte au rêve. Rendre compte de la vie alentour dans cet espace sans niveau, où l’horizon s’impose de toute part. Cet horizon lancinant où au loin s’émiettent les bateaux et s’oublient les vagues. Les côtes du Nord recèlent des trésors que trop peu de pirates sont venus chercher. Regarder la mer, c’est se poser les bonnes questions.
Tout ce que je suis est contenu dans ce que je fais, je me laisse ainsi guider par les sirènes de la passion, qu’elles soient nocturnes ou seulement un murmure, elles sont toujours lointaines. Il me faut me fier à mon instinct plus qu’à la méthode pour espérer m’en approcher et en être l’écho. Je remercie la Fondation belge de la Vocation de mettre ce projet à ma portée, de pouvoir enfin le rêver.